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Lions indomptables. Partir du passéisme nostalgique à la refondation

Lions indomptables du Cameroun et la CAN 2019, partir du passéisme nostalgique à la refondation.


Après cette autre débâcle des Lions Indomptables, certains me rétorquerait que ce n'est que du foot. Le football n'est qu'un jeu, du sport pour faire simple. Et même s'il ne développe un pays, il agit sur les masses et leurs émotions, c'est en cela qu'il est essentiel de s'y appesantir. Mais si ce n'était que du foot comme j'ai lu ici et là, alors des politiques de premiers rangs tels le président Américain n'en parlerait pas. Le couple royal des Pays-bas n'assisterait pas personnellement pour galvaniser son équipe et bien d'autres cas.

Le foot dans beaucoup de pays est un moment solennel de communion de la vie de la nation au delà de tous les clivages. Le Brésil en fait la plus grande illustration malgré les mobilisations liées aux revendications socio-économiques de ces derniers mois, les Brésiliens communient derrière leur équipe. Aussi parce que c'est la plus grande compétition du monde laquelle mobilise autant d'habitant sur la planète, l'on ne saurait balayer le fait d'un revers de la main.

Au moment ou chef de l’état Paul BIYA vient de demander que la lumière soit faite après la débâcle de l'équipe nationale à la coupe du monde au Brésil, il me paraissait plus qu'opportun de dire enfin un mot sur la question en ma qualité de citoyen et supporter des ''Lions Indomptables''. Le Président a demandé à nouveau à son administration de s'évaluer, de se noter puis de se corriger après la gabegie et l'humiliation faite à toute la nation d'abord au départ de Yaoundé, et comme si cela ne suffisait pas, puis pendant l’événement au Brésil devant les cameras du monde entier. Avec une administration dont on connaît l'inertie, l'inefficacité, les collusions et autres conflits d’intérêts etc, sous d'autres cieux, le bon sens aurait tout simplement convoqué une commission indépendante pour élaborer ce rapport avec des propositions de reforme à la clef du football Camerounais.

Avec les hommes de qualité que possède notre pays, ceci est bien triste que la compétence soit toujours si éloignée au profit de l'imposture et les clivages.

Lorsque dans un pays, vous possédez des hommes à la personnalité avérée de Joseph Antoine Bell, Roger Milla, Eugene Ekeke, Patrick Mboma, Geremi Njitap, Omam Biyick, Cyrille Makanaki, Thomas Nkono etc, on se demanderait qui mieux que ces personnes pour parler de football en Afrique. Triste que l'on continue à se conduire comme si la lumière n'existerait que dans les arcanes de la bureaucratie administrative laquelle aura étalé la corruption, le népotisme, la gabegie mais surtout l’incompétence au grand jour (incapacité à prévoir ni d'anticiper, chantre de l'improvisation, amateurisme, désordre et intrigues de toutes genres etc.

Je rappelle surtout que le football Camerounais a une histoire et il s'est bâti des légendes. Avec des équipes mais surtout la toute première qui domina le championnat Africain des clubs. Samuel Mbappe Leppe et son club Oryx entre 1950 et 1960, puis par la suite des talents comme Jean-marie Tsebo, Tokoto Jean Pierre, Ndjeya Rene, Sinkot Isack, Aoudou Ibrahim, Mbom Ephrem, Ndoumbe Léa, Emmanuel kunde, Marc Vivien Foe, Tataw Stephen, Mbouh Emile, Massing Benjamin, Francois Omam Biyick, Kana Biyick, Ernest Ebongue, Paul Bahoken, Raymond Kalla, Rigobert Song, Patrick Mboma etc cette auront consolidé légende.

Il est comprehensible qu'une équipe même bourrée de talents puissent perdre un match et même une compétition. Et les Lions indomptables ne sont pas à leur première expérience. Il y a encore quatre ans en Afrique du Sud, l'équipe sortait éliminée au premier tour et avant dernière équipe au rang final de la compétition. Cette fois-ci elle est sans doute la dernière au rang des participants à cette coupe du monde au Brésil. Éliminé n'est sans doute pas le reproche que l'on ferait à notre équipe. Mais que l'on fasse perdre près de 320 millions de Francs CFA à un pays ou il y a des besoins en eau potable, en électricité et même en médicament est inadmissible.

Que cela dure et perdure sans que rien ne soit fait, et pour que ce soit toujours les mêmes qui soient encore et encore reconduits aux mêmes fonctions, avec les mêmes manèges, les mêmes humiliations voir pire encore n'est pas acceptable. La banalité avec laquelle on nous sert ce mauvais spectacle humiliant n'est plus acceptable. C'est comme si tout pouvait devenir banal dans notre pays, le drapeau national, l'image de marque de l'équipe nationale et du pays, tout peut être dérisoire, rien n'aurait visiblement d'importance. Il est des habitudes étranges et singulièrement Camerounaises de laisser pourrir puis de revenir après avec des hautes instructions alors même que l'image aura été bien écorné.

Dans des pays qui progressent, on empêche que le déclin arrive par des actions preventives et prospectives. Et ces joueurs qui sur le plan moral et surtout sportif auront étalé la bêtise n'ont même pas l'intelligence de présenter des excuses officielles à la nation. Certains n'ont pas trouvé necessaire de retourner au pays, au contraire, ils sont retournés tranquilement dans leurs lieux de résidence comme si de rien n'était. Et rien ne leur sera demandé comme par le passé. Meme pas de comptes sur les sommes d'argents perdues en vertu des pénalités dues à la location d'avion et à l'arrivée tardive au Brésil en plus de l'image écornée du pays. Ceci est devenu presque un funeste rituel dont seul détient le secret l'équipe Camerounaise de football.

Si la campagne Brésilienne aura rapporté environ cinq milliards de francs CFA à l'état du Cameroun, à la balance des comptes, il est à noter que le contribuable Camerounais aura misé plus que cinq milliards pour qualifier et faire participer cette équipe à la coupe du monde. On peut aussi me rétorquer que cinq milliards de francs CFA à l'échelle d'un pays ne représente pas des masses. Que l'on peut ne pas gagner et d'ailleurs ni la Chine ni l'Inde voir le Canada pourtant pays non moins importants à l'échelle de la planète n'y auront participé.

Sauf que ce que le football aura apporté à notre pays en terme de visibilité mondiale, en terme de publicité positive est si important que notre pays aurait du mal à se la payer à travers le monde. Détruire alors cette image de marque construite au fil du temps est tout aussi grave qu'une l'attaque des rebelles à nos frontières. De telles spectacles à répétition ont tendance à ternir la perception que les enfants d'aujourd'hui, les citoyens de l’intérieur comme de l’extérieur se font de leur pays. Ces mauvais scénarios s'ils ne sont pas endiguer au plus vite par des mesures fortes, risqueraient éroder la fierté nationale et ainsi que le patriotisme citoyen qui est caractéristique du Camerounais. Au plus fort de la crise dans notre pays, Le Cameroun gagnait, et c'est aussi cela qui nous aura donné la force de croire en nous et au futur. Des millions de nos compatriotes donnèrent leur coup de cœur en 1994 pour que les Lions allèrent réitérer l'exploit de 1990 au mondial aux USA. Cet engouement de l'époque serait de nos jours bien éroder avec cette descente dans les abîmes de notre sport roi.

Au moment ou le pays se propose à l'organisation de la coupe d'Afrique des nations en 2019, je ne pouvais laisser cette humiliation continuer jusqu'à la CAN en 2019 sans dire mot. C'est bientôt depuis plus de 20 ans que dure cette gabegie, cette imposture doublée de tricherie quant à l'organisation du football camerounais en général et de l'équipe nationale en particulier. Nous avions à un moment connu une génération exceptionnelle laquelle avait survolé le football continental, nous permettant d'engranger au passage de précieux titres et trophées. Mais douze ans se sont écoulés et le Cameroun n'a plus rien gagné, pire encore il ne parvient même plus à se qualifier pour la Coupe des Nations Africaines, il est parfois racheté après sanction de ses adversaires quand il n'est tout simplement pas éliminé. Et les Camerounais continuent à rêver de ce passée glorieux.

Le Cameroun est un pays sérieux. Et si les autres états Africains lui ont confié d’abriter le siège du Fond Monétaire Africain, c'est bien le témoignage du respect et de la confiance qu'ils manifestent envers ce pays. Mais lorsqu'on ternit l'image de marque du pays bâtit par des légendes, on mérite sans doute des sanctions.

Je relèverais aussi pour ceux qui auront manifesté leur déception dans les réseaux sociaux, sur les chaînes radio et de télévision, je dirais que le Cameroun malgré ses contradictions et ses balbutiements ne va pas si mal. Depuis son existence en tant qu’État, le Cameroun n'a jamais connu autant d'investissements de poids comme c'est le cas ces dernières années. Certes la crise aura été longue, au point ou le découragement se serait installé. Mais les Camerounais devraient être fier et s'inscrire dans cette dynamique de relance.

Même si les vingt dernières années furent difficiles avec la crise économique et les plans d'ajustement structurel, lesquels auront laissé des dégâts donc entre autre cette corruption généralisée qui massacre l'économie actuelle, il faudrait que l'on réalise que le retour aux valeurs vertueuses prendra du temps quelque soit le régime en place. 25 ans de crise aiguë ne peuvent être enrayer du jour au lendemain. Mais dans cette situation économique jadis ravageuse et généralisée à l'échelle continentale, situation à laquelle le Cameroun aura survécu, il est nécessaire de prendre beaucoup de recul lorsqu'on analyse le cas du ''rescapé Cameroun'' alors que ces voisins immédiats avaient tous été balayés.

Le Football faisant partie du Cameroun, il ne aurait pas été à l’abri. Il subit aussi les mêmes travers que l'on observe dans tous les autres secteurs de la vie du pays, corruption, prédation, manipulation, clientélisme, gabegie etc...

Une fois ce constat que connaisse bien tous les Camerounais est fait, il revient à mon humble avis de restructurer comme l'évoque le communiqué de la PRC de ces derniers jours. Mais alors restructurer signifie quoi?

Pour moi, s'il fallait évoquer quelques pistes,

1- Il faudrait abroger le décret 72/600 organisant l'équipe nationale du Cameroun parce que ce dernier est caduque et n'est plus adapté aux enjeux actuels du football mondial.

2- Puis sans doute, il faudrait dissoudre l'équipe nationale du Cameroun et sa tutelle à savoir la Fecafoot sous leur forme actuelle et les doter de nouveaux statuts.

3- Organiser des élections libres et transparentes à la nouvelle fédération tout en instaurant un mécanisme permettant aux footballeurs de constituer la majorité des membres. Par exemple avoir disposé d'une licence de Footballeur dans les championnats de D1, D2 ou dans l'une des équipes nationales pour postuler à la direction de la fédération de football.

4- Il faudrait radier de l'équipe nationale tous ces jours à l’ego mal placé qui auront humilié toute la nation durant les campagnes d'abord Sud-Africaine en 2010, puis au Brésil en 2014 en se livrant à ce mauvais spectacle antisportif, afin que ceci serve d'exemple pour les générations avenirs. Et surtout parce que porter le maillot légendaire Vert Rouge et Jaune est un honneur qui doit être mérité  Nulle n'est indispensable et le Cameroun est l'un des pays au monde qui regorgent d'une importante réserve de talents et de la pépinière dans le domaine sportif. Ainsi l'on pourra préparer les équipes de demain basées sur un noyau des meilleurs joueurs amateurs locaux issus de nos championnats combinés à un groupe de joueurs professionnels.

5- Il faudra que l'état entame en urgence des négociations avec la famille de Marc-vivien Foe en vue du dédommagement puis de la réhabilitation du complexe sportif qui s’abîme dans la périphérie de Yaoundé depuis bientôt 11 ans. Une vraie vrai honte pour la nation. Et ainsi l'on pourra commencer le projet de l’Académie de Football, donc une partie serait ce complexe Marc-vivien FOE, et une autre qui pourrait se situer à Ngaoundéré en vertu du climat qui y règne et de la position en altitude et au septentrion du pays.

Ainsi, les nouveaux dirigeants de la nouvelle Fédération qui seront sans doute des professionnels auront la charge et la crédibilité quant à la mise en place d'un vrai championnat professionnel, avec tous les segments à savoir différentes catégories du football aussi bien masculin que féminin. Des infrastructures sont entrain d’être construits progressivement a cet effet. Nous pourrons ainsi à l'horizon 2019 espérer remporter la CAN à Yaoundé ou tout au moins réaliser une organisation et une participation à la fois plus qu’honorable et satisfaisante.

Quelques noms des pépins des Lions lesquels seront les acteurs de la CAN 2019 :

Fabrice OLINGA 19 ans, Paul-georges NTEP 22 ans, Vincent ABOUBAKAR 22 ans, Joel MATIP 22 ans, Jacques ZOUA 22 ans, Sammy NJOCK 24 ans, Cedric DJEUGOUE 22 ans, Edgar SALLI 22 ans, Loic FEUDJOU 22 ans, Jean Christophe BAHEBECK 22 ans, Maxime POUDJE 22 ans

Theophile YAI OBAKER
Think Tank ''Mayè ma ngog Lituba''
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La Haye

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